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DELAUNÉ Robert, Épiphane

Photo : ONaCVG

DELAUNÉ Robert, Épiphane

Né le 17 février 1912 à Brionne (Eure) ; domicilié aux Essarts (Eure) ; déporté le 28 février 1944 à Saarbrücken Neue Bremm ; rescapé.

DELAUNÉ Robert, Épiphane // Naissance : 17-2-1912 à Brionne (Eure) ; Domicile : Brionne Eure () ; Repression : Déporté le 28-2-1944 à  ;  ; Rescapé Loibl Pass Autriche

Robert Delauné est d’origine modeste. En effet, son père, Charles Delauné, est journalier et Victorine Guesdon, sa mère, est ouvrière en filature. Il ne fait pas d’étude et, à l’âge adulte, il travaille dans l’industrie où il exerce le métier de tréfileur à l’usine de gaz de Brionne. Sympathisant du Parti communiste, il milite aussi comme syndicaliste à la CGT depuis 1936. C’est cette année-là que le jeune homme s’engage dans les Brigades internationales ; il s’agit de soutenir les Républicains engagés dans la guerre civile contre les troupes nationalistes de Franco, en Espagne. Il s’engage pour trois ans dans l’artillerie lourde où il monte en grade jusqu’à devenir brigadier-chef. Il n’a pas démérité aux dires du commandant de la 11e Brigade : un « adjudant ayant des capacités en artillerie. A beaucoup de pratique. Très appréciable. Camarade sérieux. Caractère pointilleux ». Aussi, lorsque la guerre éclate en 1939 et que le pays est occupé, Robert Delauné poursuit ses combats. Il s’engage dans la résistance, au cours de l’année 1941. Le 12 juillet, il se marie avec Mauricette Douis dont les frères Raymond Lien interne et Gaston animent le groupe de FTP de Brionne. Robert Delauné les rejoint pour diffuser des tracts antiallemands et, plus tard, saboter des voies ferrées. Mais suite à une dénonciation, le groupe est démantelé et ses membres arrêtés, sauf Gaston qui réussit à prendre la fuite. L’ancien brigadiste est interpellé par la gendarmerie française en flagrant délit de vol – des pommes de terre destinées à des camarades en clandestinité – le 20 avril 1942 à Montfort-sur-Risle (Eure) avec Raymond Douis. Il est inculpé avec treize autre camarades dont Raymond Douis, Marius Delamare Lien interne, Robert Leroux Lien interne et Pierre Havard Lien interne, Roger Morel Lien interne et Barthélémy Tavernier Lien interne pour « menées anticommunistes ». Interrogé, il finit par reconnaître les faits et notamment la distribution de tracts sur les communes de Pont-Authou, Glos-sur-Risle et Autou, dans l’arrondissement de Pont-Audemer ainsi que des envois postaux à diverses personnalités de Brionne, Serquigny, Fontaine-la-Soret et Bourgtheroulde. Le parquet de Bernay renvoie l’affaire devant la section spéciale de la Cour d’Appel de Rouen, un tribunal d’exception crée par Vichy chargé de réprimer les communistes. Les peines s’avèrent particulièrement lourdes. Si cinq prévenus sont relaxés, les autres subissent des peines de travaux forcés de deux à douze ans. Le 20 mai 1942, Robert Delauné est condamné à douze ans de travaux forcés et huit ans d’interdiction de séjour. En juin, il rejoint l’abbaye de Fontevrault (Maine-et-Loire), où sont incarcérés les prisonniers politiques. Robert Delauné porte le numéro 2374. Il y reste jusqu’à son transfèrement à la prison de Blois le 23 octobre 1943. Le 18 février 1944, il est livré aux Allemands, ces derniers exigeant pour de soi-disant questions de sécurité que les prisons soient vidées. Avec Robert Leroux, ils figurent parmi les détenus de la procédure « Nacht und Nebel » qui prévoit la déportation dans le secret total quant à leur devenir. Il est interné au camp de rassemblement de Compiègne antichambre des camps de concentration du Reich. Comme Robert Leroux, il est déporté quelques jours plus tard, le 28 février pour le camp de la Gestapo de Saarbrücken Neue Bremm où les conditions de détention sont particulièrement effroyables. Le 26 mars, ses geôliers l’envoient au camp de concentration de Mauthausen (mle 60 731), puis le 17 avril au Kommando de Loibl Pass. Les détenus travaillent au creusement d’un tunnel sous la montagne, à la frontière entre l’Autriche et la Slovénie. Il reste jusqu’à sa libération le 8 mai 1945.

Le 19 juin 1945, il est enregistré au centre d’accueil de Mulhouse (Haut-Rhin) avant de retrouver ses proches en Normandie.

Robert Delauné est décédé le 23 mars 2002 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

Sources : Arolsen; SHD-Caen : 21P733761 ; AD27 : 2E6741 ; AD76 : 4979W; brigadesinternationales.fr ;

Françoise Passera

Mots-clés :

Déporté
  • 17-2-1912
  • Brionne, Eure
  • Brionne, Eure
  • 20-4-1942
  • Montfort-sur-Risle, Eure
  1. Rouen, Seine-Inférieure
  2. Fontevrault, Abbaye, Maine-et-Loire (2374)
  3. Blois, Loir-et-Cher
  4. Compiègne, Oise
28-2-1944, I.182
  1. Saarbrücken, Neue Bremm
  2. Mauthausen (60731)
  3. Loibl Pass (60731)
Rescapé
  • 8-5-1945
  • Loibl Pass, Autriche
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