
Photo : SHD-Caen
DEMIANOVITCH Lydie
Née le 14 mars 1902 à Guériné (Russie) ou en Mandchourie (Chine) ; domiciliée à Condé-sur-Sarthe (Orne) ; déportée le 15 août 1944 à Ravensbrück ; rescapée.
DEMIANOVITCH Lydie // Naissance : 14-3-1902 à Gerine Guérine (Russie) ; Domicile : Condé-sur-Sarthe Orne () ; Repression : Déportée le 15-8-1944 à ; ; Rescapé Grimma Allemagnee
Lydie Demianovitch naît le 14 mars 1902 à Guériné dans l’Est de la Sibérie ou en Mandchourie selon les sources. Elle est la fille de Antonin Demianovitch et de Augusta Kchetchkovska. Nous ignorons les dates et les circonstances précises de son arrivée en France. Cependant, les archives nous révèlent qu’elle se marie le 15 octobre 1931 dans le 17e arrondissement de Paris avec André, Émile Demolliens, entrepreneur de travaux publics, et obtient ainsi la naturalisation française. Elle déclare alors être sans profession et résider au 14, rue des Acacias à Paris (17e). Elle épouse en secondes noces André ou Jean Dourdine à une date indéterminée.
En 1943, Lydie Demianovitch, désormais épouse Dourdine, est domiciliée à Condé-sur-Sarthe près d’Alençon. Elle est employée avec son mari comme interprète au service préfectoral chargé des réquisitions au titre du STO. Les deux époux ne semblent pas appartenir véritablement à une organisation de résistance. L’enquête de moralité menée en 1956 dans le cadre de la demande de reconnaissance du titre de déportée politique, décrit une femme mal considérée n’ayant jamais apporté son aide à la Résistance et ayant fait preuve d’opportunisme en se mettant volontairement au service des Allemands motivée par le seul appât du gain.
Le 29 juin 1944, elle est arrêtée par la Sipo-SD à Condé-sur-Sarthe, sur la route d'Alençon, pour avoir, selon ses propres déclarations, « aidé et facilité l'évasion de jeunes gens désignés pour le STO ».
D’abord internée à Alençon, elle est transférée le 22 juillet 1944 au fort de Romainville (6 491). Le 15 août, Lydie Demianovitch est déportée dans le dernier convoi parisien parti de Pantin avec 550 femmes et 1650 hommes. Si les hommes sont dirigés vers le KL Buchenwald, les femmes sont conduites au camp de Ravensbrück. À son arrivée six jours plus tard, elle est considérée comme apatride et immatriculée sous le numéro 57 817. Elle reçoit le triangle rouge, celui des opposants politiques, comme l’indique sa carte d’identification complétée lors de son enregistrement au camp qui mentionne aussi la raison de son internement : « deutschfeindliche einstellung » (attitude antiallemande). Après une période de quarantaine, Lydie Demianovitch est affectée le 6 septembre 1944 au Kommando de Torgau, situé sur l’Elbe à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Leipzig. Une centaine de femmes, principalement juives, y sont employées à la fabrication d’explosifs et de munitions. Le 19 octobre 1944, elle est dirigée au Kommando de Abteroda (52 062), une unité de production de pièces de moteurs d’avions pour la firme BMW. Elle y reste jusqu’au 26 février 1945, date de son arrivée au sous-camp de Markkleeberg (mle 50 455), situé à une dizaine de kilomètres de Leipzig, dans lequel les déportés, dont un très grand nombre de juives hongroises, sont employées par l’entreprise aéronautique Junkers. Devant l’avancée alliée, elle est évacuée du camp le 15 avril et finalement libérée à Grimma douze jours plus tard. Admise à l’hôpital américain de Grimma, elle est rapatriée par la Croix-Rouge suisse et transite par le centre d’accueil frontalier de Mulhouse le 22 juin 1945.
Sources : Archives Arolsen ; AN : 19940440/313 ; SHD-Caen : 21 P 636587 ; AD 75 : 17M 448 ; asso-buchenwald-dora.com
Sébastien Beuchet
Mots-clés :
- 14-3-1902
- Gerine Guérine, Russie
- Condé-sur-Sarthe, Orne
- 29-6-1944
- Alençon, Orne
- Alençon, Orne
- Les Lilas, Fort de Romainville, Seine (6491)
- Ravensbrück (57817)
- Torgau
- Abteroda (57817)
- Markkleeberg (50455)
- 27-4-1945
- Grimma, Allemagne




