Télécharger le XML
BAOT Albert, Louis, Marie

Photo : SHD-Caen

BAOT Albert, Louis, Marie

Né le 24 mars 1921 à Le Relecq-Kerhon (Finistère) ; domicilié à Caen (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen.

BAOT Albert, Louis, Marie // Naissance : 24-3-1921 à Le Relecq-Kerhuon (Finistère) ; Domicile : Caen Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Fils d’un sous-officier de la Marine nationale, Albert Baot est l’aîné d’une fratrie de deux garçons. Vers la fin des années 1920, la famille quitte la Bretagne pour la Normandie, et c’est à Caen que les Baot s’installent pour un nouveau départ. Le père de famille ayant terminé son contrat avec la Marine, trouve un emploi d’ajusteur. Les archives manquent pour suivre le parcours du jeune Albert. En 1936, il vit avec ses parents et son frère Alexis, rue Daniel Donjon.

Il est encore trop jeune pour être mobilisé en 1939, mais ce que l’on sait, c’est qu’au début de l’Occupation allemande, il s’engage en politique et adhère, dès le début de l’année 1941, au Rassemblement populaire (RNP), de Marcel Déat, soutien du régime de Vichy et partisan de la collaboration avec l’Allemagne nazie.

Au moment de son mariage, le 31 juillet 1942, à Caen, avec Simone Crochard, la fille d’un retraité des Chemins de fer, il déclare la profession de chaudronnier à la SNCF.

Au cours de cette même année 1942, il fréquente assidûment les milieux troubles de la collaboration à Caen et se lie avec Georges Daragon, 29 ans, représentant en produits pharmaceutiques et propagandiste acharné de la collaboration. Animateur du Mouvement social révolutionnaire (MSR) d’Eugène Deloncle, c’est par lui qu’Albert Baot est mis en relation avec Raoul Hervé, ancien garagiste, agent de renseignement de la Gestapo.

En juillet 1943, Hervé s’entoure de jeunes dévoyés qui deviennent agents de renseignement pour l’organe de propagande vichyssoise qu’il dirige, le Centre d’information et de renseignement (CIR). Peu à peu, cette officine devient un groupe d’auxiliaires de la Gestapo qui siège à Caen, rue des Jacobins. Albert Baot, rapidement pris dans les mailles du filet qu’a tissé le chef du CIR, est chargé de transmettre à ce dernier tous les renseignements sur la propagande communiste qui se développe parmi les cheminots du dépôt de la gare de Caen. Les cheminots arrêtés lors de la rafle organisée conjointement par la police de sûreté allemande et les hommes de main d’Hervé, dans le quartier de Vaucelles, le 15 mai 1944 et les jours suivants, ont été directement ciblés à partir des renseignements fournis par Baot.

Cependant, l’informateur d’Hervé est, depuis plusieurs mois, dans le collimateur du chef de la Gestapo de Caen, le SS Harald Heinz, peut-être à cause de ses liens étroits avec Daragon que celui-ci a fait arrêter pour d’obscures raisons, le 29 février 1944, puis déporter en Allemagne. Albert Baot est à son tour arrêté, le 15 mai 1944, et incarcéré à la maison d’arrêt. Le 6 juin, il est exécuté dans l’une des courettes de la prison, avec 72 autres prisonniers.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P420918 ; AD14 : Caen, état civil, mariages, janv.-juil. 1942 ; recensement de population, Caen-Est (2e partie), 1936 ; 3348W/1 : dossier d’enquête sur les prisonniers fusillés de juin 1944, 9W/70 : cours de justice du Calvados, interrogatoire de Serge Fortier, 10 janvier 1946 ; AD29 : 3E 291/18/4, Le Relecq-Kerhuo, état-civil, naissances 1918-1922, ; Archives du tribunal militaire permanent, Le Blanc (Indre), affaire de la prison de Caen, dossiers du tribunal de 1e instance, cote 146.

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 24-3-1921
  • Le Relecq-Kerhuon, Finistère
  • Caen, Calvados
  • 15-5-1944
  • Caen, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
logo de la MRSH de l’université Caen Normandie
logo du laboratoire HisTeMé de l’université Caen Normandie
logo de l’université Caen Normandie
logo de la Fondation Mémoire Déportation