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LAIR Alexis, André, Auguste

Photo : Archives MRDN

LAIR Alexis, André, Auguste

Né le 20 juillet 1918 à Montchamp (Calvados) ; domicilié à Montchamp ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen (Calvados).

LAIR Alexis, André, Auguste // Naissance : 20-7-1918 à Montchamp (Calvados) ; Domicile : Montchamp Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Enfant naturel, Alexis Lair est d’abord mis en nourrice, avant d’être reconnu par Henri Lair Lien interne, ouvrier agricole originaire d’Estry (Calvados) qui a épousé sa mère, Alice Fauvel, le 26 juillet 1921 à Montchamp. Au sortir de l’école communale, à 13 ans, le jeune Alexis loue ses services comme domestique de ferme jusqu’à ce que son beau-père le prenne comme employé, puis comme associé en tant que marchand de beurre. À la fin des années 1930, le père et le fils partent en camionnette pour collecter le beurre fabriqué dans les fermes du canton de Vassy et le revendre sur les marchés de la région.

Appelé pour effectuer son service militaire, Alexis Lair est affecté, le 4 novembre 1938, au 509e régiment de chars de combat à Maubeuge (Nord). L’année suivante, il est affecté au groupe de bataillons de chars n°532, rattaché au dépôt de chars 503 à Versailles (Seine-et-Oise), le 31 janvier 1940. Sans affectation, le Calvadosien est finalement démobilisé le 20 octobre 1941 à Périgueux (Dordogne), date à laquelle il peut regagner la Normandie.

Au début de l’année 1943, la situation se tend dans le Bocage virois. À l’initiative de quelques hommes courageux, comme le notaire de Vassy, maître Émile Batard et un commerçant retraité du Theil, Fernand Massue, un groupe de résistance affilié à l’OCM (Organisation Civile et Militaire) s’est créé. A Montchamp, plusieurs commerçants et artisans, avec les instituteurs, s’y sont ralliés discrètement. Parallèlement, un groupe de jeunes gens, beaucoup moins discrets que leurs aînés, parmi lesquels figure Alexis Lair, ont pris l’habitude de se réunir dans les bois de la commune, avec l’intention de passer à l’action contre les Allemands et les collaborateurs locaux. La menace d’être désigné par le STO pour aller travailler en Allemagne ne fait que renforcer leurs intentions.

Dénoncés par un jeune agriculteur de la commune, Roland Carpentier, trafiquant de marché noir notoire, la Gestapo de Caen lance le 23 mai 1944 une première opération d’envergure contre le village. Alexis Lair et son père sont arrêtés parmi les premiers, de même que sept autres habitants. Neuf autres personnes le sont également dans les jours suivants. Comme son père, Alexis Lair tombe sous les balles allemandes, le 6 juin, dans une des courettes de la grande galerie de la maison d’arrêt de Caen.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P471 784 ; AD14 : Montchamp, état civil, NMD, 1911-1920 ; recensements, 1921-1936 , 1R/636 : registres matricules , 3348W/1 : cour de justice du Calvados ; J. Vico et J. Quellien, Massacres nazis en Normandie. Les fusillés de la prison de Caen, 2004

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 20-7-1918
  • Montchamp, Calvados
  • Montchamp, Calvados
  • 23-5-1944
  • Montchamp, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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