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LE FOLL Olivier, Marie

Photo : Archives MRDN

LE FOLL Olivier, Marie

Né le 7 septembre 1883 à Boissières (Lot) ; domicilié à Montchamp (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen.

LE FOLL Olivier, Marie // Naissance : 7-9-1883 à Boissières (Lot) ; Domicile : Montchamp Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Olivier Le Foll est issu d’une famille de petits agriculteurs du Finistère. Son père s’est marié avec la fille d’un agriculteur de Saint-Thégonnec, le 14 septembre 1881. Après quelques mois de vie commune, ils décident de quitter la Bretagne pour chercher un emploi plus rémunérateur dans le Quercy. Peu après, la famille Le Foll déménage à nouveau, cette fois pour la Normandie, et s’installe d’abord à Domjean (Manche) comme entrepreneur, puis à Montchamp, comme boulanger, au printemps 1911. Rappelé sous les drapeaux le 2 août 1914, il n’est pas envoyé en premières lignes. Démobilisé en 1919, il retrouve sa famille et son fournil.

Trop âgé, et père de cinq enfants, le boulanger de Montchamp n’est pas appelé par la mobilisation générale du 3 septembre 1939. Au cours de l’été 1940, il ravitaille cinq militaires de la Légion étrangère cachés dans une maison abandonnée au Lieu-dit La Faînière. Peu à peu, à l’initiative de l’instituteur Marcel Oblin, plusieurs commerçants de Montchamp, dont Olivier Le Foll, forment, vers la fin 1942, un premier groupe de résistance. Celui-ci se rattache quelques mois plus tard au mouvement OCM. Après l’instauration de la loi sur le STO, en février 1943, un autre groupe se constitue, de manière informelle, rassemblant plusieurs réfractaires. Ces jeunes gens manquent surtout de discrétion. Ils ont déjà attiré l’attention de la Kommandantur de Vire en organisant un bal clandestin en août 1941.

La Sipo-SD de Caen est persuadée qu’une organisation « terroriste » se cache derrière l’attentat commis contre un ardent partisan de la Collaboration, le 31 janvier 1944, à Saint-Charles-de-Percy, et la découverte d’armes et de munitions saisies le 29 avril 1944 à Montchauvet. Deux auxiliaires de la Sipo-SD sont envoyés sur place. De retour à Caen, les deux indicateurs apportent au chef de la police allemande, la confirmation qu’une organisation clandestine existe bel et bien à Montchamp.

Le 23 mai, la police allemande investit le village, arrête neuf habitants et se livre au pillage, semant la terreur et la désolation. La même scène se déroule le 25 mai, avec trois arrestations à Montchamp, et une à Saint-Charles-de-Percy. Le 30 mai, la bouchère de Montchamp et deux gendarmes de la brigade de Vassy sont à leur tour appréhendés. Le lendemain, 31 mai, par téléphone cette fois, Olivier Le Foll et Henri Morel, le maire de Montchamp, sont convoqués au 44, rue des Jacobins à Caen, siège de la Sipo-SD. Aussitôt arrivés, ils sont arrêtés et interrogés avec la violence dont sont coutumiers les hommes de la bande à Hervé.

Incarcérés au troisième étage de la maison d’arrêt, Olivier Le Foll et Henri Morel, sont extraits de leur cellule, comme dix autres résistants de Montchamp et de Vassy au cours de la journée du 6 juin 1944. Ils font partie des 73 martyrs assassinés dans la prison, à l’aube de la Libération.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P474760 ; AD14 : Montchamp, état civil, NMD, 1911-1920 ; recensements, 1921-1936, 1166W/30 : personnes arrêtées par les Allemands, 1941-1944 ; 1101W/236 : dossier de demande de la carte du combattant volontaire de la Résistance ; AD29 : Saint-Thégonnec, état civil, mariages, 1870-1882 ; AD46 : Boissières, état civil, naissances, 1882-1883 ; AD50 : Domjean, état civil, NMD, 1909-1911 ; Les 50 000 adresses du Calvados, 1914 ; J. Vico et J. Quellien, Massacres nazis en Normandie. Les fusillés de la prison de Caen, 2004

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 7-9-1883
  • Boissières, Lot
  • Montchamp, Calvados
  • 31-5-1944
  • Caen, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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