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GROUARD Joséphine, Louise, Juliette

Photo : ONaCVG

GROUARD Joséphine, Louise, Juliette

Née le 4 juillet 1901 à Bourg Achard (Eure) ; domiciliée à Sylvains-les-Moulins (Eure); déportée le à Neue Bremen ; rescapée

GROUARD Joséphine, Louise, Juliette // Naissance : 4-7-1901 à Bourg-Achard (Eure) ; Domicile : Coulonges Eure () ; Repression : Déportée le 18-7-1944 à  ;  ; Rescapé NA NAe

Enfant naturelle reconnue par son père, Joséphine Grouard – qui se fait appeler Yvette – est la fille de Joseph Grouard, journalier et de Suzanne Grouvel. Sa mère donne naissance 18 ans plus tard à Bibiane Lien interne née de père inconnu.

Mariée à Charles Madelaine Lien interne le 7 juin 1933, elle exerce la profession de commerçante au lieu-dit Le Buisson-Chevalier par Damville. Sans enfant, le couple « prend position dès 1940 » dans sa lutte contre l’Occupant. De fait, Yvette Madelaine aide, dès la fin des hostilités, les soldats français à se cacher pour échapper à la captivité. Mais son activité résistante est attestée à partir de 1942 lorsque, avec son mari, elle se rapproche des réseaux de résistances, aussi bien ceux du renseignement que de l’action. Rattachée au réseau d’évasion Marie-Odile, les Madelaine camouflent en 1944 cinq parachutistes alliés, Yvette organise parallèlement deux groupes de résistance sous les ordres du lieutenant Michel Nivelt des corps francs Vengeance avec lesquels elle participe à des opérations de sabotages de lignes téléphoniques et de voies ferrées. Elle travaille aussi dans le renseignement sur le déplacement des troupes allemandes, l’implantation des camps d’aviation pour Libé-Nord et Turma.

Le 25 juin 1944, le couple aurait probablement été victime d’une dénonciation par un réfractaire qu’elle aurait hébergé quelques semaines plus tôt. Mais depuis quelques jours, sa demi-sœur Bibiane, son mari Paul Bourgeois Lien interne, son neveu Lucien Bréard Lien interneet deux autres résistants René Leroux Lien interne et Daniel Lechardeur Lien interne, tous résistants, sont venus se mettre à l’abri au Buisson Chevalier, véritable quartier général de la résistance. Il y aurait eu, selon certaines sources, un aviateur britannique dont le nom n’est pas connu. Prise dans un véritable guet-apens fomenté par la Sipo-SD et une compagnie SS, son arrestation se déroule dans des circonstances particulièrement dramatiques. Paul Bourgeois et Lucien Bréard sont tués. Tous les autres sont déportés. Comme sa demi-sœur, elle est incarcérée à la prison allemande d’Évreux du 25 juin au 14 juillet 1944 puis au fort de Romainville jusqu’au 17 juillet. Le lendemain, 65 femmes partent pour le camp spécial tenu par la Gestapo de Neue Bremm à Saarbrücken où elle reste jusqu’au 31 juillet. Elle entre au camp de concentration des femmes de Ravensbrück où Yvette Grouard reçoit le matricule 47361. Quant aux hommes, ils sont déportés vers Buchenwald et Neuengamme. Daniel Lechardeur n’en revient pas. La résistante est libérée dans le cadre d’un accord avec la Croix-Rouge et recouvre la liberté à la frontière germano-suisse, vers le 5 avril 1945.

Elle est décédée le 14 janvier 1984 à Sylvains-les-Moulins (Eure).

Sources : SHD-Caen : 21P567682 ; SHD-Vincennes : 16P272540 ; AD27 : 8Mi5243, 105J8, J. Papp, La Résistance dans l’Eure, p.42-43, 272

Françoise Passera

Mots-clés :

Déportée
  • 4-7-1901
  • Bourg-Achard, Eure
  • Coulonges, Eure
  • 25-6-1944
  • Sylvains-les-Moulins, Eure
  1. Evreux, Eure
  2. Les Lilas, Fort de Romainville, Seine (6423)
18-7-1944, I.248
  1. Saarbrücken, Neue Bremm
  2. Ravensbrück (47361)
Rescapée
  • 9-4-1945
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