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VIGOUROUX Robert, André, Paul

Photo : AP Vigouroux

VIGOUROUX Robert, André, Paul

Né le 23 juin 1921 à Marles-les-Mines (Pas-de-Calais) ; domicilié à Clamart (Seine) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen (Calvados).

VIGOUROUX Robert, André, Paul // Naissance : 23-6-1921 à Marles-les-Mines (Pas-de-Calais) ; Domicile : Clamart  Seine () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Quelques jours seulement après l’appel du général de Gaulle à continuer le combat, le 18 juin 1940, Robert Vigouroux, fils de Paul Vigouroux et de Renée née Coët, 19 ans, ajusteur, et son frère Paul Lien interne 17 ans, conçoivent le projet de le rejoindre en Angleterre en passant par l’Espagne. En rupture avec leur milieu familial, ils mettent leur projet à exécution, parviennent à franchir clandestinement la ligne de démarcation, et à passer les Pyrénées. Arrêtés par la Guardia Civile, ils sont reconduits à la frontière et remis aux gendarmes français qui les élargissent en raison de leur jeune âge. De retour chez ses parents, le jeune Clamartois se fait admettre à la Défense passive où il trouve le contact avec la Résistance organisée. Se joignant au mouvement Les Ardents, il participe à des actions de propagande, mise à sac de la permanence du Feu, mouvement collaborationniste dirigé par un ancien député du Calvados, Maurice Delaunay, et à celle du RNP local. Le 14 juillet 1941, Robert Vigouroux participe à la manifestation étudiante sur les Champs Elysées à Paris. Arrêté, il est rapidement relâché sans être davantage inquiété. La loi du gouvernement de Vichy du 4 septembre 1942 ouvrant la voie légale à toute réquisition de main-d’œuvre, Robert et Paul Vigouroux refusent d’aller travailler en Allemagne. Ils quittent Clamart, peu après la promulgation de la loi sur le STO, pour se mettre à l’abri en Normandie. Cachés dans des fermes de la plaine de Caen, à Maizières et à Ouilly-le-Tesson, grâce à la complicité de l’abbé Bousso Lien interne, curé d’Ouilly-le-Tesson (Calvados), ils rejoignent les rangs de la Résistance, OCM, puis ORA, dirigée localement par le docteur Derrien Lien interne. Robert Vigouroux, son frère Paul, et d’autres jeunes réfractaires au STO sont arrêtés lors d’une rafle de la Gestapo, le 2 juin 1944, suite à la dénonciation d’un jeune trafiquant de marché noir, devenu agent de renseignement de la police de sûreté allemande de Caen. Internés à la Maison d’arrêt, ils sont exécutés sauvagement, le jour même du Débarquement, dans l’une des courettes de cette prison, avec quelque 70 autres résistants.

Le souvenir de Robert et de son frère demeure dans la toponymie à Clamart (Boulevard des frères Vigouroux, monument aux morts et plaque commémorative), à Ouilly-le-Tesson (monument aux morts et stèle commémorative) et à Caen (monument commémoratif des fusillés du 6 juin 1944).

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P257034, 21P688800 ; Archives privées de Jean-Marie Guyot et alii. ; memorialgenweb.org

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 23-6-1921
  • Marles-les-Mines, Pas-de-Calais
  • Clamart , Seine
  • Ouilly-le-Tesson, Calvados
  • 2-6-1944
  • Ouilly-le-Tesson , Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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