
ZELDIN Haïm
Né le 10 août 1872 à Resyski (Empire Russe) ; domicilié à Caen (Calvados) ; déporté le 25 mars 1943 à Sobibor ; assassiné.
ZELDIN Haïm // Naissance : 10-8-1872 à Resyski (Empire russe (Biélorussie)) ; Domicile : Caen Calvados () ; Repression : Déporté le 25-3-1943 à ; ; Assassiné
Haïm Zeldin, dit Henri Zeldine, est né le 10 août 1872 à Resyski (désormais en Biélorussie) de Jehudas (Judas) Zeldin et de Famé (Fanny) Schwab. Il s’installe en début du XXe siècle en France sans ses parents, restés en Russie.
Le 10 avril 1911, Haïm Zeldin devient Français par naturalisation. Il est tailleur et propriétaire. Le 15 mai 1915 – Haïm Zeldin est alors mobilisé au 36e régiment d’infanterie – il épouse Etla Skomarovsky, couturière, avec laquelle il vit à Caen 16 rue Demolombe.
Etla meurt le 4 juillet 1921 et Haïm Zeldin, veuf, se remarie le 10 mars 2025 avec Marie-Louise Joséphine Pioger, veuve, de nationalité française et propriétaire. Zeldin qui habitait 9 rue des Teinturiers, emménage chez sa femme place de l’Ancienne Boucherie.
À deux reprises, Zeldin est inquiété par la justice. La première fois, en 1937, son épouse l’accuse et fait condamné Henri Zeldin pour avoir « entretenu une concubine Marthe Vermughen au domicile conjugal » 2 rue aux Namps. Le couple divorce quelques jours plus tard, le 24 octobre 1937. La seconde fois, en décembre 1939, Ouest Éclair relate la condamnation de Haïm Zeldin à 16 frs d’amende pour avoir giflé une certaine Mme Durand : on ne connait pas les raisons de ce geste.
Divorcé, Haïm Zeldin vit désormais avec Marthe Vermughen, de trente ans sa cadette, qui lui donne une fille, Arlette née paroisse Saint-Sauveur le 5 février 1938, elle est née hors mariage mais elle se voit reconnaître par son père.
Le 26 octobre 1942, pour se conformer à l’obligation du recensement de tous les Juifs, Haïm Zeldin sous le nom d’Henri Zeldine déclare qu’il est Français, qu’il appartient à la race juive et qu’il est marié à une Française aryenne. En réalité, sa vie maritale subit encore quelque soubressaut… Il s’est séparé de Marthe Vermughen mais vit maritalement avec une autre aryenne. Sa déclaration s’avère importante car ce statut peut lui permettre, dans un premier temps, d’être écarté de la déportation. Ses biens sont néanmoins confisqués et mis en vente : 9 rue des Teinturiers, 60 rue de Vaucelles, 109 rue Caponière. Mais les immeubles du 9 rue des Teinturiers et du 60 rue de Vaucelles sont en très mauvais état et grevés d’une créance hypothécaire : mis en vente, aucun acheteur ne se présente.
Le 9 janvier 1943 la Chambre des Métiers de Caen envoie une lettre de dénonciation au commissaire central des Affaires juives : Zeldine ne se plierait pas aux lois anti-juives. Elle demande qu’il cesse ses fonctions de tailleur. L’inspecteur de la sureté qui a mené l’enquête écrit que « le sieur Zeldine exerce à son domicile et pour son compte la profession de tailleur, il exerce principalement la réparation et le retournage de vêtement pour les particuliers » ce qui ne semble pas contrevenir aux lois. Quinze jours plus tard, Zeldin est arrêté chez lui rue aux Namps par la Gestapo sous les yeux de sa nièce Hilda Zeldine.
Le 8 février 43, Zeldine est écroué à la prison de Caen puis transféré au camp d’internement des populations juives de Drancy le 19 mars 43. Déporté le 25 mars 1943 vers le camp d’extermination de Sobibor par le convoi n° 53, il est assassiné le 30 mars 1943à l’âge de71 ans.
Sa mémoire est honorée sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah.
Sources : SHD-Caen : 21P552049 ; AD14 : recensement 1926, état civil 1915, 1925, 1938 ; Journal officiel, 10 avril 1911, Le Moniteur du Calvados 14 oct.1937, Ouest Éclair, déc. 1939,
Chantal Meyer-Plantureux
Mots-clés :
- 10-8-1872
- Resyski, Empire russe (Biélorussie)
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- 8-2-1943
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- Drancy, Seine
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