
Photo : SHD-Caen
FLEURY Marcel, Marie, Louis
Né le 24 août 1889 à Caen (Calvados) ; domicilié à Mézidon (Calvados) ; déporté le 28 octobre 1943 à Buchenwald ; décédé le 5 décembre 1943 à Buchenwald (Allemagne).
FLEURY Marcel, Marie, Louis // Naissance : 24-8-1889 à Caen (Calvados) ; Domicile : Mézidon Calvados () ; Repression : Déporté le 28-10-1943 à ; 5-12-1943 à Buchenwald (Allemagne) ; Décédé
Marcel Fleury se marie à Caen le 7 juin 1913 avec Hélène Joismel. Mécanicien, il tient le garage Citroën-Simca de Mézidon, où il réside 64 avenue Jean Jaurès, avec sa femme et sa fille Paulette, née le 23 juillet 1927. Ancien combattant de 14-18, authentique patriote, il peine à cacher ses sentiments à l’encontre de l’occupant. Ainsi, en 1940, il est enfermé pendant 24 heures pour avoir tenu tête aux Allemands.
Le 30 juin 1943, alors qu’il effectue son service journalier d’inspection du niveau d’eau des deux grands réservoirs surplombant la gare, Marcel Fleury est témoin de l’émeute qui éclate dans un convoi de requis du Service du travail obligatoire (STO) dont le train est immobilisé à Mézidon. Depuis leur départ de Caen, ces derniers avaient manifesté bruyamment leur haine à l’encontre des « Boches » et de Laval, mais aussi tiré à plusieurs reprises le signal d’alarme.
Alors qu’ils s’éparpillent sur le quai, plusieurs jeunes gens mettent la main sur
des caisses de fromages destinées aux troupes d’occupation. Des employés allemands
de la gare tentent de s’interposer, ce qui provoque une bagarre générale, à coups
de camemberts. Face à ces incidents, la Gestapo de Caen est dépêchée sur place et désigne douze otages, autant que de wagons. Joseph
Alphonse
, Louis Calbry
, Pierre Cassigneul
, Robert Dayes
, René Desoutter
, Gaston Enault
, Alphonse Gallienne
, Lucien Hébert
, Lucien Hilbé
, Lucien Lefèvre
, Henri Poupion
et Henri Renobert
sont ainsi arrêtés vers 21 heures. Plusieurs membres de la Gestapo remarquent aussi la présence de Marcel Fleury sur les réservoirs et le font descendre
sans ménagement de son poste d’observation. Il reçoit quelques violents coups avant
d’être contraint de rejoindre le groupe d’otages.
Marcel Fleury et les douze requis sont aussitôt conduits à la prison de Caen. Le 28 juillet, il rejoint le camp de Royallieu à Compiègne dans l’Oise (mle 16 732), avant d’être déporté le 28 octobre dans un convoi d’un millier d’hommes à destination du camp de Buchenwald (mle 31 126). Marcel Fleury y meurt peu après, le 5 décembre 1943.
Son nom figure sur le monument érigé dans le cimetière de Mézidon-Canon en hommage aux victimes civiles de la guerre 39-45. Une rue de la commune porte par ailleurs son nom.
Sources : SHD-Caen : Bu 7/2, Bu 9/7, Bu 32/5, 21P450573 ; J. Quellien (dir.), Livre Mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, p. 89 ; arolsen-archives.org ; memorialgenweb.org
Arnaud Boulligny
Mots-clés :
- 24-8-1889
- Caen, Calvados
- Mézidon, Calvados
- 30-6-1943
- Mézidon, Calvados
- Caen, Prison centrale de Beaulieu-Maladrerie, Calvados
- Compiègne, Royallieu, Oise (16732)
- Buchenwald (31126)
- 5-12-1943
- Buchenwald, Allemagne




