
NOEL Georges, Eugène, Adrien
Né le 22 septembre 1921 à Maisons (Calvados) ; domicilié à Préaux-Bocage (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à la maison d’arrêt de Caen.
NOEL Georges, Eugène, Adrien // Naissance : 22-9-1921 à Maisons (Calvados) ; Domicile : Montigny Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé
Deuxième enfant d’une fratrie de cinq, Georges Noël grandit à La Caine (Calvados) avec ses trois sœurs et son frère. Après la scolarité obligatoire, il se loue dans les fermes du canton d’Evrecy comme ouvrier agricole, en dernier lieu à Montigny, chez Madame Lacaine, cultivatrice. Appartenant à l’une des classes d’âge directement concernées par la loi sur le service du travail obligatoire (STO), en Allemagne, il refuse de répondre à la convocation qui lui est adressée et entre, comme réfractaire, dans la clandestinité.
Il part alors se faire embaucher sur un chantier forestier à Hamars. Il y fait la
connaissance de plusieurs autres jeunes qui, comme lui, refusent de se soumettre à
la loi de Vichy sur le STO. Louis Bourdon
, le plus âgé est de la classe 1920. Emilien Cosnard
et Louis Paillard
, plus jeunes appartiennent à la dernière classe d’âge 1922 appelée pour aller travailler
en Allemagne. Se réunissant fréquemment dans l’un des cafés du village, l’un d’eux
attirent l’attention des autres sur certains agriculteurs du secteur qui s’enrichissent
sans vergogne avec le marché noir. L’idée de rendre justice par soi-même naît bientôt
dans l’esprit des jeunes gens, et plusieurs expéditions punitives sont organisées
contre certains fermiers de la région, à Préaux-Bocage, à Hamars, à Bonnemaison.
Le 4 et le 7 mars, Georges Noël semble personnellement impliqué dans le vol à main armé, puis l’agression des époux Laurent à Hamars, couple d’agriculteurs connus par ailleurs pour leurs convictions pro-allemandes et pétainistes. L’enquête de gendarmerie finit par localiser, puis arrêter Emilien Cosnard et Louis Bourdon à Thury-Harcourt, le 14 avril ; Louis Paillard, à Condé-sur-Noireau, le 16 avril.
Curieusement, au lieu de prendre le large, Georges Noël reprend son travail de journalier
à Montigny, sans rien changer à son quotidien. Il se fait cueillir par les gendarmes,
un mois plus tard, le 15 mai 1944. Conduit à Caen, il est interrogé par les enquêteurs
français qui le livrent ensuite à la Gestapo. Incarcéré au troisième étage du quartier allemand de la maison d’arrêt de Caen,
il partage la cellule n°8 avec Jacques Collard et Paul Chaléat
. Georges Noël est exécuté le 6 juin 1944, avec ses trois compagnons des bois de Hamars,
et 69 autres prisonniers.
Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.
Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.
En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.
Sources : SHD-Caen : 21P266691 ; AD14, Maisons, état civil, NMD, 1917-1924 ; recensement, 1921 ; La Caine, recensements 1926-1931 ; Sainte-Honorine-du-Fay, recensement, 1936 ; 3348W/1 : dossier d’enquête sur les prisonniers fusillés de juin 1944, témoignage de Jacques Collard devant le commissaire Hanniquet, Caen rive-gauche, 13 octobre 1944 ; Le Bonhomme normand, 7-13 avril 1944, 21- 27 avril 1944, 28 avril- 4 mai 1944 ; Le Journal d’Aunay, 19 mars 1944, 7 mai 1944 ; La Croix du Bocage, 21 avril 1944
Gérard Fournier
Mots-clés :
- 22-9-1921
- Maisons, Calvados
- Montigny, Calvados
- 21-4-1944
- Montigny, Calvados
- Caen, Maison d'arrêt, Calvados
- 6-6-1944
- Caen, Calvados




