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SCHÉRER Adolphe, Charles

Photo : SHD-Caen

SCHÉRER Adolphe, Charles

Né le 31 mai 1920 au Havre (Seine-Inférieure) ; domicilié à Mesnil-Esnard (Seine-Inférieure) ; déporté le 15 juillet 1944 à Neuengamme ; décédé le 27 août 1944 à Neuengamme.

SCHÉRER Adolphe, Charles // Naissance : 31-5-1920 à Le Havre (Seine-Inférieure) ; Domicile : Mesnil-Esnard Seine-Inférieure () ; Repression : Déporté le 15-7-1944 à  ; 27-8-1944 à Neuengamme (Allemagne) ; Décédé

Adolphe Schérer est le fils d’Adolphe Hyacinthe Schérer, sellier, et de Marie-Antoinette Desanti. Célibataire et soutien de famille, il demeure 8 rue Gambetta à Mesnil-Esnard chez sa mère, veuve et bobineuse chez Roy Frères. Il exerce la profession de soudeur électrique aux chantiers de la Basse-Seine et aux Établissements Lozay à Petit-Quevilly (Seine-Inférieure).

Comme il a été mobilisé le 8 juin 1940 et, forcément, a peu combattu, il est contraint de faire un service national aux Chantiers de la jeunesse française, institution paramilitaire implantée en Zone non-occupée, créée par Vichy. En 1941-1942, il passe ainsi les huit mois réglementaires au chantier de jeunesse de Pierrefeu (Bouches-du-Rhône). Le jeune Schérer y fait de la propagande antiallemande et distribue des tracts gaullistes en zone sud. Sa fonction de chef d’équipe de la jeunesse lui permet d’être homologué sergent dans l’armée. En décembre 1942, alors qu’il a repris son travail chez Lozay, il est requis au titre du STO et envoyé à Dantzig. Travaillant pour la Dantzig Werft avec Alfred Petit Lien interne, il organise le sabotage de la production. Après 15 mois de travail, en mars 1944, il profite d’une permission pour rester en France, devenant ainsi réfractaire.

Sollicité par Alfred Petit, il serait entré au Front national en 1942, avant d’être requis au STO. Quoiqu’il en soit, il réinvestit le mouvement à son retour d’Allemagne et devient chef de groupe en avril 1944. Le Front national est alors dirigé par Benjamin Remacle Lien interne. Il gère d’abord les tracts en les envoyant par la poste à un intermédiaire dans les différentes zones d’action ou en se déplaçant, notamment au Havre et dans le secteur Nord. Sous le pseudonyme de « Claude », il devient agent de liaison interdépartemental, couvert par une fausse carte d’identité au nom de « William Danzel ». Il stocke aussi du matériel de propagande dont une machine à polycopier Japy provenant d’un entrepôt SNCF, récupérée par Maurice Fournil Lien interne et Benjamin Remacle. Il utilise ses compétences pour saboter des commandes allemandes à l’atelier de chaudronnerie des chantiers de la Basse-Seine et participe avec André Lucas Lien interne au début de l’année 1944 au sabotage du chalutier « La Lorientaise », transformé par les Allemands en dragueur de mine.

Le 1er avril 1944, il entre aussi aux FTPF (mle S 166) dans le détachement Jeanne d’Arc de la 1re compagnie de Rouen, groupe Louis Valette Lien interne et devient chef de groupe. Il participe à un acte de sabotage ferroviaire et en avril 1944, et avec son groupe, il récupère des armes au garage Philippon Lien interne à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure). À la suite de l’échec du sabotage du pont de Tourville-la-Rivière, le 29 avril 1944, et de l’arrestation des participants, piégés par les frères Leroux, indicateurs de la Sipo-SD, il est arrêté le 4 mai 1944 à Mesnil-Esnard. Conduit au siège de la Sipo-SD à Rouen, il est violemment interrogé notamment par l’inspecteur collaborateur Alie. Incarcéré du 4 mai au 9 juin 1944 à la prison Bonne-Nouvelle à Rouen, dans l’enclave allemande, il est ensuite transféré au camp d’internement de Royallieu à Compiègne (mle 40 375), antichambre des camps de concentration du Reich.

Il est déporté le 15 juillet 1944 au camp de Neuengamme où il arrive le 18 juillet (mle 37 257). Affecté au Kommando de Hamburg chargé de déblayer les ruines de la ville, il est tué le 27 août 1944 au cours d’un bombardement aérien.

Son décès est reconnu le 30 avril 1946 par le ministère des Anciens Combattants avec la mention Mort pour la France et transcrit en mairie à Mesnil Esnard le 8 mai 1946. La même année, la commune décide de renommer son ancienne rue Charles Schérer, privilégiant son second prénom.

Sources : Arolsen Archives ; SHD-Vincennes : 16P539310 ; SHD-Caen : 21P536762 ; AD76 : 54W5372/1081 ; EC (Le Havre) ; havrais-en-résistance.com

Chantal Cormont

Mots-clés :

Déporté
  • 31-5-1920
  • Le Havre, Seine-Inférieure
  • Mesnil-Esnard, Seine-Inférieure
  • 4-5-1944
  • Mesnil-Esnard, Seine-Inférieure
  1. Rouen, Seine-Inférieure
  2. Compiègne, Oise (40375)
15-7-1944, I.247
  1. Neuengamme (37257)
Décédé
  • 27-8-1944
  • Neuengamme, Allemagne
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